La France confirme l’interdiction du broyage et du gazage des poussins vivants ainsi que celle de la castration à vif des porcelets dès 2022



En mai, à l’occasion de la publication d’une tribune dans le journal Le Monde et des débats sur la proposition de loi “pour un élevage éthique, juste socialement et soucieux du bien-être animal”, nous abordions le sujet du broyage et du gazage des poussins mâles vivants, jugés inutiles par l’industrie de production des œufs.

Dimanche dernier, le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a enfin annoncé l’interdiction du broyage ou gazage des poussins vivants ainsi que de la castration à vif des porcelets dès 2022.

Cet engagement remonte à octobre 2019 lorsque Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture de l’époque, avait affirmé conjointement avec Julia Klöckner, la ministre de l’Agriculture d’Allemagne, que l’interdiction serait en place avant la fin de l’année 2021 dans les deux pays. Mais alors que l’Allemagne avait approuvé en janvier dernier une loi pour mettre fin à ces pratiques dès 2022, aucune loi n’avait jusqu’alors été votée en France.

Cette loi vise donc à épargner les 50 millions de poussins mâles broyés vivants chaque année en France à l’issue du “sexage des poussins”, qui consiste à trier les poussins pour conserver les femelles et tuer les mâles.

cochons d'élevage
© Antonello – stock.adobe.com

La castration à vif des porcelets concerne quant à elle plus de 10 millions d’animaux chaque année en France. Cette intervention a pour objectif d’éviter les mauvaises odeurs qui se dégagent lors de la cuisson de la viande de porc lorsque celle-ci est issue d’animaux non castrés.

Mais alors, quelles méthodes alternatives seront utilisées ?

Malgré cette loi, les poussins mâles seront toujours jugés inutiles et non rentables pour l’industrie de production des œufs, puisqu’ils ne peuvent pas produire d’œufs et qu’ils grandissent trop lentement, car ils sont nés de poules génétiquement sélectionnées pour pondre le plus possible et non pour grossir rapidement pour la consommation de volaille.

La solution que souhaite mettre en place le gouvernement est donc l’utilisation de la spectrophotométrie. Cette technique permet de distinguer à travers la coquille, avant éclosion, la couleur des premières plumes des embryons, qui diffèrent selon le sexe de l’animal.

infographie sexage des oeufs
Infographie © Le Parisien

“Le Conseil d’État sera saisi à la fin de l’été d’un projet de décret, qui imposera qu’au 1er janvier 2022 tous les couvoirs de poules devront avoir installé ou avoir commandé des machines permettant de détecter le sexe des poussins en incubation dans l’œuf, avant éclosion, assure au Parisien le ministre. Le texte précisera également que ces appareils devront obligatoirement être installés et mis en service dans le courant de l’année”, a expliqué Julien Denormandie au Parisien.

Pour le Parti Animaliste et les associations de protection animale, l’identification au 13ème jour pose toutefois problème, puisque les études scientifiques ont montré que le développement des capteurs de la douleur se fait dès le 9ème jour chez les poussins. Les poussins des œufs détruits ressentiront donc une vive douleur. Ainsi, ces associations appellent à effectuer la sélection plus précocement : à 9 jours, comme en Allemagne.

Le Papondu - œuf végane
Alternative végétale © Le Papondu

De plus, d’après ces associations, cette technique ne serait pas réalisable avec 20% des naissances issues de poules blanches, puisque les mâles et les femelles ont des plumes de mêmes couleurs.

Une avancée donc, mais la solution ne serait-elle pas plutôt de se passer de produits animaux ? Surtout à un moment où les alternatives végétales sont de plus en plus disponibles et goûteuses, citons par exemple les œufs YUMGO, Just Egg, Osomefood, Squeaky Bean, Le Papondu.

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